Le plafond du livret A est à 22 950 € — au-delà, l'argent dort250 € par mois pendant 20 ans à 6 % : 115 000 €Trois mois de dépenses de côté avant d'investir un euroPEA : plus-values exonérées d'impôt sur le revenu après 5 ansAssurance vie : 4 600 € de gains par an sans impôt après 8 ansPER : 10 % de vos revenus déductibles, dans la limite du plafondLe plafond du livret A est à 22 950 € — au-delà, l'argent dort250 € par mois pendant 20 ans à 6 % : 115 000 €Trois mois de dépenses de côté avant d'investir un euroPEA : plus-values exonérées d'impôt sur le revenu après 5 ansAssurance vie : 4 600 € de gains par an sans impôt après 8 ansPER : 10 % de vos revenus déductibles, dans la limite du plafond
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Retraite complémentaire : 5 leviers pour augmenter sa pension avant le départ

Un manque de 400 € par mois à la retraite représente 96 000 € sur 20 ans, hors inflation. Pour réduire cet écart, vous devez agir à la fois sur vos points de retraite complémentaire, votre date de départ et le capital destiné à compléter votre pension.

Levier 1 : vérifiez vos points de retraite complémentaire

Pour un salarié du secteur privé, la retraite complémentaire repose sur un système de points. Chaque année, une partie des cotisations prélevées sur le salaire sert à acheter des points. Au départ, la pension annuelle brute correspond au nombre total de points multiplié par la valeur de service du point, avant application d’une éventuelle minoration, majoration et des prélèvements sociaux.

Commencez par contrôler votre relevé individuel de situation. Comparez-le à vos bulletins de salaire, certificats de travail et attestations d’indemnisation. Une période absente ou un salaire minoré entraîne directement une perte de points. Les erreurs concernent souvent un changement d’employeur, une période de chômage, un arrêt maladie long, un congé maternité ou le début de carrière.

Une erreur non corrigée sur le relevé de carrière réduit la pension pendant toute la retraite. La priorité consiste donc à récupérer les droits déjà acquis avant de chercher un nouveau placement.

Vérifiez année par année :

  • le nom de l’employeur et la période travaillée ;
  • le salaire soumis à cotisations ;
  • les points attribués au titre du chômage indemnisé ou de certains arrêts de travail ;
  • les changements de statut entre salarié, indépendant et agent public ;
  • les majorations liées aux enfants.

Les cotisations créatrices de points sont calculées sur deux tranches. La tranche 1 couvre le salaire jusqu’à un plafond annuel de la Sécurité sociale, avec un taux d’acquisition de points de 6,20 %. La tranche 2 s’étend de un à huit plafonds, avec un taux d’acquisition de 17 %. Les taux effectivement prélevés sont supérieurs, car certaines contributions financent le régime sans produire de points.

Demandez la correction dès qu’une anomalie est identifiée. Joignez des preuves lisibles. N’attendez pas les derniers mois : un dossier ancien exige parfois plusieurs échanges.

Levier 2 : rachetez seulement les droits qui améliorent réellement la pension

Le rachat vise surtout les années d’études supérieures et les années incomplètes. Pour le régime de base, il sert à réduire ou supprimer la décote, ou à augmenter simultanément le taux et la durée d’assurance. Son intérêt est plus marqué lorsque vous êtes proche du départ, que votre estimation est stable et qu’un nombre limité de trimestres manque pour obtenir le taux plein.

Un rachat de trimestres n’ajoute pas automatiquement des points de retraite complémentaire. En revanche, obtenir le taux plein au régime de base évite la minoration définitive appliquée à la pension complémentaire lorsque la liquidation intervient avec des trimestres manquants.

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Le régime complémentaire autorise aussi, sous conditions, le rachat de points pour des périodes d’études supérieures ou des années incomplètes déjà rachetées au régime de base. La limite est de 140 points par année, dans la limite de trois années. Le coût varie avec l’âge, le nombre de points et la valeur utilisée au moment de la demande.

Tranchez avec un calcul simple : divisez le coût net du rachat, après économie d’impôt, par le supplément annuel net de pension. Un rachat coûtant 18 000 € après fiscalité pour 1 200 € de pension annuelle supplémentaire présente un délai de récupération de 15 ans. Un départ à 64 ans place le point d’équilibre vers 79 ans. Si le rachat ne supprime aucune décote et augmente faiblement la pension, conservez plutôt votre capital.

Levier 3 : reporter le départ augmente les points et évite les minorations

Travailler quelques mois de plus agit sur plusieurs lignes. Vous continuez à acquérir des points. Vous ajoutez des trimestres. Vous évitez une minoration si le taux plein n’était pas encore atteint. Après l’âge légal et une fois la durée requise validée, chaque trimestre civil entier supplémentaire majore aussi la retraite de base de 1,25 %, soit 5 % pour quatre trimestres.

Le coefficient temporaire de minoration de 10 % qui touchait auparavant certains nouveaux retraités du régime complémentaire a été supprimé pour les retraites prenant effet à compter du 1er décembre 2023. Il ne faut donc plus retarder son départ d’un an uniquement pour éviter cet ancien malus. En revanche, la minoration définitive liée à un départ sans taux plein demeure.

Décision Effet sur la retraite complémentaire Point de vigilance
Partir sans le taux plein Minoration définitive selon l’âge ou les trimestres manquants Comparer la pension perdue au revenu obtenu en partant plus tôt
Travailler jusqu’au taux plein Suppression de la minoration et acquisition de nouveaux points Contrôler la date exacte du dernier trimestre
Travailler après le taux plein Nouveaux points et surcote de la retraite de base Mesurer le gain net après impôt

Utilisez trois estimations : départ à la première date autorisée, départ au taux plein et départ douze mois plus tard. Comparez le montant mensuel net, mais aussi le total de salaires perçus pendant le report. Pour suivre les autres règles d’âge et de durée, consultez les contenus consacrés à la préparation de la retraite.

Levier 4 : aménagez la fin de carrière sans interrompre l’acquisition de droits

La retraite progressive permet de réduire son temps de travail tout en percevant une fraction de ses pensions. Elle est accessible à partir de deux ans avant l’âge légal, avec au moins 150 trimestres, sous réserve de respecter les conditions d’activité. Vous continuez à cotiser et à acquérir des droits sur votre revenu à temps partiel.

Avec l’accord de l’employeur, les cotisations peuvent être calculées sur la base d’un temps plein. Cette surcotisation limite la baisse des droits liée au passage à temps partiel. Demandez un chiffrage écrit du surcoût salarial et du supplément de pension attendu.

Le cumul emploi-retraite constitue un autre levier après la liquidation. Depuis la réforme entrée en vigueur le 1er septembre 2023, le cumul intégral ouvre de nouveaux droits sous conditions. Il faut notamment avoir liquidé toutes ses retraites, bénéficier du taux plein et respecter les règles applicables en cas de reprise chez le dernier employeur. La seconde liquidation reste plafonnée et ne permet pas une troisième pension issue d’une nouvelle reprise d’activité.

Ne liquidez pas vos droits uniquement pour percevoir rapidement une pension tout en continuant à travailler. Une liquidation est irréversible. Comparez le cumul avec un report pur : le report conserve l’acquisition de points et laisse ouverte la surcote du régime de base.

Levier 5 : constituez un revenu privé pour couvrir l’écart de pension

La retraite complémentaire obligatoire ne suffira pas toujours à maintenir votre niveau de dépenses. L’épargne doit alors couvrir l’écart entre les pensions nettes estimées et le budget mensuel visé. Faites ce calcul en euros d’aujourd’hui, puis ajoutez une marge pour l’inflation, la santé, le logement et les dépenses irrégulières.

Prenons Claire, 58 ans. Son estimation affiche 1 850 € nets de pensions mensuelles à 65 ans. Son budget cible atteint 2 250 €. L’écart est donc de 400 € par mois. Sur 20 ans, sans rendement ni inflation, le besoin atteint 400 × 12 × 20, soit 96 000 €.

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Claire dispose déjà de 35 000 € et verse 350 € par mois pendant sept ans. Avec une hypothèse de rendement net de frais de 3 % par an, avant fiscalité, les 35 000 € deviennent environ 43 170 €. Les versements mensuels atteignent environ 32 690 €. Le capital total à 65 ans ressort à 75 860 €. Placé au même taux de 3 % et consommé sur 20 ans, il finance environ 420 € par mois, avant impôt et hors inflation.

Le taux de 3 % est une hypothèse de calcul, pas une promesse. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs.

Le capital peut être réparti entre une épargne disponible, une assurance vie et un plan d’épargne retraite. Le PER sert à préparer des retraits ou une rente tout en réduisant, à l’entrée, le revenu imposable. Le plafond de déduction correspond en principe à 10 % des revenus professionnels, avec un plancher de 4 637 €, dans la limite personnelle indiquée sur l’avis d’impôt. Le fonctionnement détaillé du plan d’épargne retraite aide à choisir entre capital et rente.

Un versement déductible de 4 800 € procure une économie immédiate de 528 € avec une tranche marginale à 11 %, de 1 440 € à 30 %, de 1 968 € à 41 % et de 2 160 € à 45 %. La sortie reste fiscalisée selon l’origine des versements et la forme de liquidation. Le calcul de l’économie d’impôt du PER doit donc intégrer la fiscalité future, pas seulement l’avantage obtenu lors du versement.

Tranche marginale Économie sur un versement déductible de 4 800 €
0 % 0 €
11 % 528 €
30 % 1 440 €
41 % 1 968 €
45 % 2 160 €

Gardez hors du PER l’argent nécessaire avant la retraite et une réserve de sécurité. Le PER reste bloqué jusqu’au départ, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi, notamment l’acquisition de la résidence principale et certains accidents de la vie. Pour transformer un objectif mensuel en capital cible, utilisez aussi les repères consacrés à la somme à investir pour obtenir 1 000 € par mois.

L’ordre d’action avant de verser davantage

  1. Corrigez les périodes et les points manquants.
  2. Comparez vos pensions à trois dates de départ.
  3. Chiffrez l’intérêt d’un rachat de trimestres ou de points.
  4. Évaluez une retraite progressive, un report ou un cumul emploi-retraite.
  5. Versez ensuite l’épargne nécessaire pour combler le manque mensuel identifié.

Par Margaux Delcourt, ancienne conseillère en gestion de patrimoine pendant douze ans.

Information générale, et non conseil en investissement personnalisé.

Margaux Delcourt
Margaux Delcourt

Douze ans derrière un bureau de conseillère patrimoniale dans une banque régionale, à Nantes. Ce qui m'a fait partir : le catalogue maison, qu'il fallait placer avant d'écouter. Depuis 2024 j'écris ici avec les…

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