À 45 ans, vous disposez encore d’environ 19 ans avant l’âge légal de départ à 64 ans. Cette durée autorise une part d’actifs dynamiques, à condition de sécuriser les dépenses proches, d’utiliser les bonnes enveloppes fiscales et de réduire progressivement le risque.
1. Sécurisez d’abord trois à six mois de dépenses
Investir à 45 ans commence par une séparation nette entre l’argent disponible et l’épargne destinée à la retraite. Conservez sur des livrets réglementés l’équivalent de trois à six mois de dépenses courantes. Pour un foyer dépensant 3 000 € par mois, la réserve visée se situe donc entre 9 000 € et 18 000 €.
Cette poche finance une réparation, une période sans revenu ou une dépense familiale imprévue. Elle évite de vendre des placements boursiers pendant une baisse des marchés. L’argent prévu pour un achat dans moins de cinq ans doit également rester sur des supports sans risque en capital.
| Support | Taux au 1er août 2026 | Plafond des versements | Fiscalité |
|---|---|---|---|
| Livret A | 1,70 % | 22 950 € | Exonéré |
| LDDS | 1,70 % | 12 000 € | Exonéré |
| LEP | 2,70 % | 10 000 € | Exonéré, sous condition de revenu |
| PEL ouvert en 2026 | 1,75 % | 61 200 € | Flat tax de 30 % |
Le livret jeune, rémunéré à 2,00 % au 1er août 2026 et plafonné à 1 600 €, ne s’applique pas à 45 ans puisqu’il est réservé aux 12-25 ans. Une fois la réserve constituée, accumuler davantage sur des livrets ralentit généralement la préparation de la retraite, surtout lorsque la hausse des prix dépasse leur rémunération nette.
L’argent nécessaire avant cinq ans reste sans risque. L’épargne dont l’horizon dépasse quinze ans doit travailler davantage, avec une diversification réelle.

2. Transformez les 19 années restantes en objectif mensuel
Le bon montant à investir part de votre future baisse de revenus. Relevez l’estimation de vos pensions, puis comparez-la au budget mensuel souhaité à la retraite. Un manque de 800 € par mois représente 9 600 € par an à financer par votre patrimoine, avant fiscalité et inflation.
À 45 ans, la régularité pèse souvent plus lourd que le choix d’un produit isolé. Automatisez le versement juste après la perception du salaire. Une interruption de cinq ans coûte à la fois les versements non réalisés et leur capitalisation. Le simulateur de placement permet de tester plusieurs durées et hypothèses de rendement sans les confondre avec une garantie.
Cas chiffré : 500 € par mois pendant 19 ans
Une personne de 45 ans verse 500 € par mois pendant 19 ans, soit 228 versements. Avec une hypothèse constante de rendement annuel de 4 %, capitalisée mensuellement, elle obtient environ 170 300 € à 64 ans, avant frais et fiscalité. Les versements représentent 114 000 € et la capitalisation environ 56 300 €.
Ce calcul sert de repère, pas de prévision. Le rendement réel variera avec les marchés, les frais, l’allocation et la date des versements. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs.
Investir selon sa situationInvestir quand on est expatrié : 5 choix pour éviter les pièges fiscauxSi 500 € dépassent votre capacité actuelle, commencez avec 250 € et programmez une hausse annuelle. Une augmentation de 25 € par mois à chaque revalorisation salariale évite de reporter l’effort jusqu’à 55 ans. Pour situer cette stratégie dans le temps, consultez aussi les repères pour investir selon son âge.
3. À 45 ans, une allocation diversifiée doit encore comporter des actions
Avec près de deux décennies devant vous, rester entièrement en liquidités expose votre épargne à l’érosion monétaire. À l’inverse, placer tout le capital en actions crée un risque de forte baisse au mauvais moment. Un point de départ cohérent pour l’épargne strictement destinée à la retraite est une allocation de 60 % d’actions diversifiées et 40 % de supports défensifs.
- 60 % en actions diversifiées : plusieurs zones géographiques, secteurs et tailles d’entreprises, avec des frais limités.
- 25 % en fonds en euros ou supports obligataires : amortisseur face aux fluctuations boursières.
- 15 % en liquidités ou placements à échéance courte : réserve pour rééquilibrer et couvrir les besoins identifiés.
Cette répartition s’applique à une personne disposant déjà de son épargne de précaution, sans dette coûteuse et capable de conserver ses placements pendant quinze ans ou plus. Si un achat immobilier est prévu dans trois ans, son apport reste hors de cette allocation et demeure sécurisé.
Rééquilibrez une fois par an. Si les actions passent de 60 % à 68 % après une hausse, vendez une fraction ou dirigez les nouveaux versements vers la poche défensive. À partir de 55 ans, réduisez le risque progressivement. Une trajectoire lisible consiste à viser environ 50 % d’actions à 55 ans, puis 35 à 40 % à cinq ans de la retraite. Les choix liés au statut familial, à l’emploi ou à une séparation sont détaillés dans la rubrique investir selon votre situation.

4. Le PEA et l’assurance vie organisent l’épargne disponible
Le plan d’épargne en actions, ou PEA, convient à la poche d’actions de long terme. Son plafond de versements est de 150 000 €. Après cinq ans, les gains retirés sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Un retrait après cinq ans ne ferme pas le plan et de nouveaux versements restent autorisés dans la limite du plafond.
Le PEA-PME porte sur un univers plus restreint. Son plafond est de 225 000 €, mais le total des versements sur un PEA et un PEA-PME détenus par la même personne ne dépasse pas 225 000 €. Il ne remplace donc pas une diversification mondiale dans un PEA classique.
L’assurance vie complète le PEA grâce au fonds en euros, aux supports financiers et à la disponibilité des retraits. Après huit ans, les gains compris dans les retraits bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Au-delà, le taux d’impôt est de 7,5 % pour la fraction relevant des primes n’excédant pas 150 000 €, auxquels s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Les conditions précises changent pour les primes dépassant ce seuil.
Hors enveloppe fiscale, les revenus et plus-values mobilières relèvent en principe de la flat tax de 30 %, composée de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux. L’option pour le barème progressif s’applique alors à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers concernés, pas ligne par ligne.
5. Le PER devient vraiment intéressant à partir de la tranche à 30 %
Le plan d’épargne retraite bloque en principe l’épargne jusqu’à la retraite, avec des cas de déblocage anticipé prévus par la réglementation, notamment l’acquisition de la résidence principale et certains accidents de la vie. Cette contrainte exige de conserver séparément une réserve disponible.
Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond disponible. Pour un salarié, ce plafond correspond en principe à 10 % des revenus professionnels, avec un plancher de 4 637 €. Le plafond personnel figure sur l’avis d’impôt et les droits non utilisés des années antérieures peuvent s’ajouter dans les limites prévues.
| Tranche marginale d’imposition | Versement déduit | Économie d’impôt immédiate |
|---|---|---|
| 0 % | 6 000 € | 0 € |
| 11 % | 6 000 € | 660 € |
| 30 % | 6 000 € | 1 800 € |
| 41 % | 6 000 € | 2 460 € |
| 45 % | 6 000 € | 2 700 € |
Le barème comporte les tranches marginales de 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. À 30 % de tranche marginale, le PER devient pertinent : un versement déductible de 6 000 € réduit l’impôt de 1 800 €. Le coût net immédiat de l’effort tombe à 4 200 €, sous réserve de disposer d’un plafond de déduction suffisant.
À 11 %, le même versement n’économise que 660 €. Dans ce cas, le PEA ou l’assurance vie garde souvent la priorité grâce à une disponibilité plus large. Le PER retrouve aussi de l’intérêt si votre tranche actuelle est de 30 % ou plus et si votre taux d’imposition attendu à la retraite est inférieur.
Investir selon sa situationInvestir à 40 ans : 5 priorités pour bâtir son patrimoine sans sur-risquerLa déduction n’est pas un cadeau fiscal définitif. Lors d’une sortie en capital, les versements ayant été déduits sont soumis au barème de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10 %, tandis que les gains relèvent en principe de la flat tax de 30 %. Renoncer à la déduction à l’entrée modifie cette fiscalité de sortie. Les règles détaillées du plan d’épargne retraite doivent donc être examinées avant chaque versement élevé.

Protégez aussi le foyer et la transmission
À 45 ans, vérifiez les quotités de l’assurance emprunteur, les garanties décès et la désignation des bénéficiaires de l’assurance vie. Pour les primes versées avant 70 ans, l’assurance vie prévoit un abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les capitaux transmis relevant de ce régime. Après 70 ans, l’abattement est de 30 500 € globalement sur les primes concernées, tous bénéficiaires confondus ; les gains associés suivent un traitement distinct.
Une donation à un enfant bénéficie par ailleurs d’un abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. Le don familial de sommes d’argent ajoute jusqu’à 31 865 € lorsque les conditions d’âge et de lien familial sont remplies. Ces règles ne remplacent pas votre propre épargne de retraite : transmettez uniquement le capital dont vous n’aurez pas besoin.
Information générale, pas un conseil en investissement personnalisé.

