Avec 200 000 € de capital, un retrait annuel de 3 % représente 500 € par mois avant fiscalité. Pour investir à la retraite sans épuiser trop vite cette réserve, la priorité consiste à fixer un taux de retrait soutenable, puis à répartir l’argent entre liquidité, revenu et croissance.
Quel taux de retrait choisir pour vivre de son capital à la retraite ?
Le taux de retrait correspond à la part du capital consommée chaque année pour compléter une pension. Avec 300 000 €, un retrait de 3 % fournit 9 000 € par an, soit 750 € par mois. À 4 %, le complément passe à 1 000 € par mois, mais le risque d’érosion du capital augmente nettement.
Une règle directe convient à la majorité des retraités : commencez par un retrait annuel de 3 % du capital financier. Montez à 3,5 % si vos dépenses sont flexibles et si vous acceptez de réduire les retraits après une mauvaise année boursière. Réservez le taux de 4 % à un horizon proche de 20 ans, avec un portefeuille diversifié et des dépenses ajustables.
Le bon taux de retrait n’est pas le montant maximal que le portefeuille autorise cette année. C’est le montant qu’il est raisonnable de prélever pendant toute la retraite, y compris lorsque les marchés baissent.
Le taux doit être calculé sur les actifs destinés à financer les retraits. La résidence principale, l’épargne réservée aux proches et la trésorerie affectée à des travaux n’entrent pas dans cette base. Vous pouvez affiner la projection avec un simulateur de placement, en intégrant la durée, le rendement net retenu et les retraits.

Cas chiffré : 200 000 € placés pendant 20 ans
Prenons un retraité disposant de 200 000 €. Il retire 8 000 € à la fin de chaque année, soit 4 % du capital initial et 667 € par mois en moyenne. Avec une hypothèse de rendement net annuel constant de 3 % pendant 20 ans, le capital final atteint environ 146 300 €.
Le calcul repose sur 200 000 € capitalisés à 3 %, diminués de vingt retraits annuels de 8 000 €. Sans aucun rendement, le solde serait de 40 000 €. Le rendement prolonge donc la durée du capital, mais cette simulation ne reproduit ni l’inflation ni l’alternance réelle des hausses et des baisses.
| Hypothèse nette annuelle | Retrait annuel | Durée | Capital final estimé |
|---|---|---|---|
| 2 % | 8 000 € | 20 ans | 102 800 € |
| 3 % | 8 000 € | 20 ans | 146 300 € |
| 4 % | 8 000 € | 20 ans | 200 000 € |
Ces taux sont des hypothèses de calcul, pas des rendements garantis. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs. Dans la pratique, une chute des marchés au début de la retraite pénalise davantage le portefeuille qu’une baisse survenue quinze ans plus tard. C’est le risque de séquence des rendements.
Les 5 placements à combiner pour investir à la retraite
Aucun support ne remplit seul les trois fonctions recherchées : payer les dépenses proches, produire un revenu et préserver le pouvoir d’achat. La répartition doit aussi tenir compte de l’âge, comme l’explique la stratégie pour investir selon son âge.
| Placement | Rôle principal | Horizon conseillé | Risque dominant |
|---|---|---|---|
| Livrets réglementés | Réserve disponible | 0 à 3 ans | Perte de pouvoir d’achat |
| Assurance vie | Retraits programmés et transmission | 5 ans ou plus | Risque des unités de compte |
| Obligations | Revenus et échéances planifiées | 2 à 8 ans | Taux, crédit et défaut |
| PEA diversifié | Croissance à long terme | 8 ans ou plus | Baisse des actions |
| Immobilier locatif | Loyers et diversification | 10 ans ou plus | Vacance, travaux et illiquidité |
1. Les livrets réglementés pour financer trois ans de retraits
Le Livret A et le LDDS servent de poche de sécurité. Au 1er août 2026, leur taux est fixé à 1,70 % net d’impôt. Le plafond des versements atteint 22 950 € pour le Livret A et 12 000 € pour le LDDS. Les intérêts capitalisés autorisent un solde supérieur à ces plafonds.
Le LEP offre un taux de 2,70 % au 1er août 2026, sous condition de revenu fiscal de référence, avec un plafond de 10 000 €. Le livret jeune, réservé aux 12-25 ans, ne concerne généralement pas un retraité ; son plafond est de 1 600 € et son taux atteint 2,00 % à la même date. Ces produits ne produisent pas un revenu élevé, mais ils évitent de vendre des actifs risqués pendant une baisse.
Conservez sur ces supports deux à trois années de compléments de revenus. Si vous retirez 600 € par mois, la réserve visée se situe entre 14 400 € et 21 600 €. Au-delà, une trésorerie excessive s’expose davantage à l’inflation.

2. L’assurance vie pour organiser des rachats réguliers
L’assurance vie associe un fonds en euros, dont le capital bénéficie de la garantie prévue par le contrat, et des unités de compte non garanties. Elle permet de mettre en place des rachats programmés mensuels ou trimestriels. Lors d’un retrait, seule la fraction correspondant aux gains est imposable.
Investir selon sa situationInvestir à 60 ans : 5 placements pour sécuriser ses revenus sans bloquer son épargneAprès huit ans, l’abattement annuel sur les gains retirés atteint 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple. Au-delà, le taux d’impôt est de 7,5 % dans la limite fiscale applicable aux primes, auquel s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. La règle générale hors régime favorable est la flat tax de 30 %, composée de 12,8 % d’impôt et de 17,2 % de prélèvements sociaux.
L’assurance vie conserve aussi un intérêt successoral. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €. Pour les versements réalisés après 70 ans, l’abattement est de 30 500 € au total, tous bénéficiaires et contrats confondus, sur les primes concernées. Les gains suivent un traitement distinct.
3. Les obligations pour planifier les dépenses à moyen terme
Une obligation représente une dette émise par un État ou une entreprise. Elle verse généralement un coupon et rembourse le nominal à l’échéance, sauf défaut. À la retraite, une échelle obligataire permet d’échelonner les remboursements : une part arrive à échéance chaque année et finance les retraits prévus.
Par exemple, 50 000 € répartis sur cinq échéances de 10 000 €, de deux à six ans, créent une réserve programmée. Les obligations conservées jusqu’à leur terme restent exposées au défaut de l’émetteur. Les fonds obligataires, eux, fluctuent en permanence avec les taux et ne garantissent pas une date de remboursement individuelle.
Sur un compte-titres, les coupons et plus-values relèvent en principe de la flat tax de 30 %. Dans une assurance vie, la fiscalité intervient lors du rachat. Une diversification entre plusieurs émetteurs limite les conséquences d’un incident de crédit.
4. Le PEA pour préserver le pouvoir d’achat sur la durée
Écarter totalement les actions dès le départ en retraite fragilise le portefeuille face à l’inflation. Une poche d’actions diversifiées conserve un horizon de huit à quinze ans. Elle ne doit pas financer les dépenses des prochaines années.
Le PEA accepte jusqu’à 150 000 € de versements. Le plafond du PEA-PME atteint 225 000 €, avec un plafond global de 225 000 € lorsqu’une même personne détient les deux plans. Après cinq ans, les gains retirés du PEA sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %.
Une part de 20 % à 40 % d’actions constitue une base lisible pour un retraité ayant déjà sécurisé trois années de retraits. Retenez 20 % si les pensions couvrent à peine les dépenses fixes. Une part proche de 40 % se justifie lorsque les pensions couvrent le train de vie courant et que le capital vise aussi une transmission. Les autres profils de retraités sont détaillés dans la rubrique placements selon votre situation.
5. L’immobilier locatif pour percevoir des loyers
Un logement loué fournit des revenus réguliers, mais exige une réserve pour la vacance, les travaux, la taxe foncière et les charges non récupérables. Dans l’ancien, les frais de notaire représentent généralement 7 à 8 % du prix. Cet écart rend une revente rapide défavorable.
En location nue, le micro-foncier applique un abattement de 30 % lorsque les revenus fonciers bruts ne dépassent pas 15 000 € et que les autres conditions du régime sont remplies. En location meublée relevant du micro-BIC, l’abattement de référence est de 50 %. Le régime réel devient pertinent lorsque les charges et amortissements déductibles dépassent l’abattement forfaitaire.
Investir selon sa situationInvestir dans un studio locatif en 2026 : comment sécuriser ses loyers avant d’acheterL’immobilier détenu directement ou indirectement entre dans l’assiette de l’IFI lorsque le patrimoine immobilier net taxable atteint 1 300 000 €. Pour un retraité qui ne souhaite plus gérer de locataire, la pierre-papier réduit les contraintes quotidiennes, mais les parts restent illiquides, les revenus varient et le capital n’est pas garanti.
Comment répartir le capital sans vendre au mauvais moment ?
La méthode des poches évite de prélever indistinctement sur tous les placements. Elle classe le patrimoine par date d’utilisation :
- Poche de sécurité : deux à trois ans de retraits sur livrets et liquidités.
- Poche de revenu : obligations, fonds en euros et immobilier pour les besoins des trois à huit prochaines années.
- Poche de croissance : actions diversifiées pour les dépenses lointaines et la transmission.
Avec 300 000 € et un besoin complémentaire de 750 € par mois, soit 9 000 € par an, une allocation prudente consiste à placer 27 000 € sur les livrets, 123 000 € en assurance vie à dominante sécurisée et obligations, 90 000 € en actions diversifiées, puis 60 000 € en immobilier ou en supports immobiliers. Le retrait initial représente 3 % du capital.
Une fois par an, remplissez la poche de sécurité à partir des supports ayant progressé ou des revenus encaissés. Après une baisse des actions, utilisez les livrets et les échéances obligataires au lieu de vendre les titres dépréciés. Si le portefeuille perd plus de 10 % sur douze mois, geler la revalorisation du retrait pendant un an réduit le risque d’épuisement.
Fiscalité, PER et transmission : les règles qui modifient le revenu net
Un PER déjà ouvert avant la retraite doit être examiné séparément. Sa sortie s’effectue en capital, en rente ou par combinaison, sous réserve des caractéristiques du plan. Les versements volontaires sont déductibles dans la limite de 10 % des revenus professionnels, avec un plancher de 4 637 €. Pour un retraité sans revenu professionnel, l’avantage d’un nouveau versement est généralement faible, sauf plafond disponible et revenu imposable spécifique. Les modalités sont détaillées sur la page consacrée au plan d’épargne retraite.
La déduction fiscale doit être comparée au taux marginal d’imposition, dont les tranches sont de 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. Déduire un versement à 30 % puis subir une fiscalité proche lors de la sortie offre moins d’intérêt qu’une déduction réalisée à 41 % avec une sortie imposée dans une tranche inférieure.
Pour transmettre de votre vivant, l’abattement sur une donation atteint 100 000 € par enfant et par parent, renouvelable tous les 15 ans. Le don familial de sommes d’argent ajoute 31 865 € lorsque les conditions d’âge et de lien familial sont respectées. Une donation ne doit toutefois pas réduire la réserve nécessaire au financement de la dépendance, des travaux du logement et des dépenses courantes.
Avant de donner ou d’augmenter vos retraits, conservez une réserve distincte pour les dépenses de santé, l’adaptation du logement et au moins deux années de complément de revenu.
Information générale, pas un conseil en investissement personnalisé.


