Le plafond du livret A est à 22 950 € — au-delà, l'argent dort250 € par mois pendant 20 ans à 6 % : 115 000 €Trois mois de dépenses de côté avant d'investir un euroPEA : plus-values exonérées d'impôt sur le revenu après 5 ansAssurance vie : 4 600 € de gains par an sans impôt après 8 ansPER : 10 % de vos revenus déductibles, dans la limite du plafondLe plafond du livret A est à 22 950 € — au-delà, l'argent dort250 € par mois pendant 20 ans à 6 % : 115 000 €Trois mois de dépenses de côté avant d'investir un euroPEA : plus-values exonérées d'impôt sur le revenu après 5 ansAssurance vie : 4 600 € de gains par an sans impôt après 8 ansPER : 10 % de vos revenus déductibles, dans la limite du plafond
Les 12 plans d’épargne 14 €

Investir à 60 ans : 5 placements pour sécuriser ses revenus sans bloquer son épargne

À 60 ans, les dix années qui précèdent le seuil fiscal de 70 ans offrent une fenêtre décisive pour organiser son capital. Investir à 60 ans consiste moins à rechercher une performance élevée qu’à répartir l’épargne entre revenus disponibles, protection contre l’inflation et transmission. Avec 180 000 €, une allocation structurée permet déjà de financer 500 € par mois pendant plusieurs années sans immobiliser toute la somme.

Investir à 60 ans impose de séparer revenu régulier et transmission

Par Margaux Delcourt, ancienne conseillère en gestion de patrimoine pendant douze ans.

À 60 ans, votre patrimoine doit remplir deux fonctions distinctes. La première consiste à produire un complément de revenu ou à financer des retraits programmés. La seconde vise à transmettre un capital dans un cadre fiscal favorable. Utiliser une seule enveloppe pour ces deux objectifs fragilise l’ensemble.

L’argent destiné aux cinq prochaines années doit rester disponible ou arriver régulièrement à échéance. Le capital de transmission bénéficie, lui, d’un horizon plus long. Il trouve notamment sa place en assurance vie avant 70 ans. Cette organisation rejoint les principes à retenir pour investir selon son âge et son horizon.

À 60 ans, la bonne allocation ne consiste pas à supprimer tout risque. Elle consiste à ne jamais être obligé de vendre un placement risqué pour payer une dépense courante.

Avant de sélectionner des supports, fixez trois montants : la réserve de sécurité, le complément annuel recherché et le capital que vous souhaitez transmettre. Un besoin de 6 000 € par an durant cinq ans représente 30 000 € à isoler sur des supports liquides. Cette somme ne doit pas être exposée aux fluctuations boursières.

Cas concret : comment répartir 180 000 € à 60 ans ?

Prenons une personne de 60 ans disposant de 180 000 €, sans dette coûteuse, avec une retraite prévue à 64 ans. Elle souhaite préparer un complément de 500 € par mois, soit 6 000 € par an, et conserver au moins 100 000 € dans une logique de transmission.

Destination Montant Horizon Rôle
Livret A et LDDS 30 000 € Immédiat à 5 ans Réserve de retraits
Supports monétaires ou dépôts à terme courts 20 000 € 6 à 24 mois Dépenses prévues
Assurance vie 90 000 € 8 ans et plus Revenus futurs et transmission
Échelle obligataire 25 000 € 2 à 6 ans Échéances régulières
PEA diversifié 15 000 € 8 ans et plus Croissance à long terme

Les 30 000 € placés sur les livrets couvrent exactement cinq années de retraits de 6 000 €, hors intérêts. Au taux de 1,70 % applicable au Livret A et au LDDS au 1er août 2026, 30 000 € conservés pendant douze mois produisent 510 € d’intérêts nets d’impôt, sous l’hypothèse d’un taux inchangé et d’un capital présent durant toute l’année. Le calcul est direct : 30 000 × 1,70 % = 510 €.

Les intérêts des livrets sont calculés par quinzaine. Un versement en cours d’année réduit donc le montant obtenu. Ce cas chiffré ne constitue pas une prévision de taux. Vous pouvez tester d’autres montants et durées avec un simulateur de placement.

1. Les livrets réglementés sécurisent les retraits des premières années

Le Livret A et le LDDS forment la première poche pour investir à 60 ans. Le capital reste disponible. Les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Ces livrets servent à financer les dépenses courantes, les travaux, une aide familiale ou le décalage entre la fin d’activité et le premier versement de la retraite.

Livret Plafond de versements Taux au 1er août 2026 Fiscalité
Livret A 22 950 € 1,70 % Exonération totale
LDDS 12 000 € 1,70 % Exonération totale
LEP 10 000 € 2,70 % Exonération totale, sous condition de revenu fiscal

Une personne seule éligible au LEP doit le remplir avant le Livret A et le LDDS, car son taux est supérieur. Le plafond indiqué correspond aux versements : les intérêts capitalisés peuvent porter le solde au-delà. Un couple possédant chacun ses livrets dispose de plafonds individuels, soit 45 900 € sur deux Livrets A et 24 000 € sur deux LDDS.

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Conserver l’intégralité d’un patrimoine de 180 000 € sur des livrets n’est pas cohérent. Les plafonds l’interdisent et l’érosion monétaire reste présente lorsque l’inflation dépasse le taux servi.

2. Les supports monétaires et dépôts courts financent les dépenses programmées

Au-delà des plafonds réglementés, les supports monétaires et les comptes à terme courts accueillent l’argent prévu dans les deux années suivantes. Leur rémunération suit les taux à court terme, sans garantie de maintien lors des renouvellements.

Un support monétaire reste généralement disponible après un délai de règlement, mais son capital n’est pas juridiquement garanti. Sa valeur fluctue peu, sans être fixe. Un dépôt à terme offre un taux défini au départ. En contrepartie, un retrait anticipé entraîne souvent une rémunération réduite ou une pénalité prévue au contrat.

  • Échelonnez les échéances à 6, 12, 18 et 24 mois.
  • Ne placez pas la réserve d’urgence sur un dépôt assorti de pénalités.
  • Comparez le taux net après fiscalité, et non le seul taux brut affiché.

Les intérêts de ces placements relèvent en principe du prélèvement forfaitaire unique de 30 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux. L’option pour le barème progressif concerne l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer. Elle mérite surtout un examen pour les contribuables faiblement imposés.

3. L’assurance vie associe rachats programmés et transmission

L’assurance vie constitue l’enveloppe centrale lorsque l’objectif combine revenu futur et transmission. L’épargne n’est pas bloquée. Un rachat reste autorisé à tout moment, même avant huit ans. Le délai de huit ans ouvre seulement une fiscalité plus favorable sur les gains retirés.

Après huit ans, l’abattement annuel sur les gains compris dans les rachats atteint 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple. Au-delà, le taux d’impôt est de 7,5 % dans la limite fiscale applicable aux primes, auquel s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour la fraction concernée par le taux de 12,8 %, la fiscalité rejoint la flat tax de 30 %.

Un rachat de 10 000 € n’est pas taxé sur 10 000 €. Seule la quote-part de gains incluse dans ce retrait entre dans l’assiette. Des rachats programmés mensuels ou trimestriels transforment ainsi le capital en complément de revenu régulier, sans verser toute l’épargne sur un produit de rente irréversible.

Les versements avant 70 ans renforcent l’objectif de transmission

Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 € sur les capitaux transmis relevant de ce régime. Au-delà, un prélèvement spécifique s’applique. L’âge retenu est celui de l’assuré au moment du versement, pas son âge au décès.

Après 70 ans, l’abattement est de 30 500 € au total pour l’ensemble des bénéficiaires et des contrats concernés. Il porte sur les primes versées après cet âge. Les gains attachés à ces primes échappent aux droits de succession, même si les prélèvements sociaux restent dus dans les conditions prévues.

Entre 60 et 69 ans, verser le capital destiné à la transmission sur une assurance vie et rédiger une clause bénéficiaire précise répond à un enjeu fiscal daté : le traitement change dès les versements effectués après 70 ans.

Le fonds en euros apporte une garantie du capital nette des frais du contrat, hors fiscalité et selon les conditions de l’enveloppe. Les unités de compte n’offrent aucune garantie. Leur part doit rester compatible avec votre horizon et avec la réserve déjà constituée.

4. Une échelle obligataire organise des remboursements à dates connues

Une échelle obligataire consiste à répartir le capital entre plusieurs obligations dont les échéances sont successives. Par exemple, 25 000 € peuvent être divisés en cinq lignes de 5 000 € remboursables dans deux, trois, quatre, cinq et six ans. Chaque échéance libère une somme destinée aux dépenses ou à un nouveau placement.

Cette méthode réduit le risque de devoir vendre toutes les obligations lorsque les taux de marché sont défavorables. Elle ne supprime ni le risque de défaut de l’émetteur ni le risque de perte en cas de revente avant l’échéance. La diversification entre plusieurs émetteurs et plusieurs dates reste nécessaire.

Les revenus obligataires détenus sur un compte-titres sont soumis, par défaut, à la flat tax de 30 %. Une détention au sein de l’assurance vie modifie la fiscalité : l’impôt intervient lors d’un rachat et porte sur la part de gains retirée.

5. Le PEA conserve une place limitée pour l’horizon supérieur à huit ans

À 60 ans, renoncer totalement aux actions expose le patrimoine à l’inflation sur une retraite susceptible de durer vingt-cinq ou trente ans. Une poche de 10 % à 20 % du capital financier reste défendable lorsque les dépenses des prochaines années sont déjà couvertes.

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Le PEA accepte jusqu’à 150 000 € de versements. Le plafond cumulé du PEA et du PEA-PME atteint 225 000 €, le PEA-PME ayant lui-même un plafond de 225 000 €. Après cinq ans, les gains retirés sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Les retraits après cinq ans n’entraînent plus automatiquement la clôture du plan.

Privilégiez une diversification large entre zones géographiques et secteurs, sans concentrer l’épargne sur quelques titres. La somme placée en actions ne doit pas financer un revenu exigé à date fixe. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs.

Le PER ne convient qu’à un objectif fiscal clairement identifié

Le plan d’épargne retraite mérite une place à part. Les versements volontaires sont en principe bloqués jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage prévus par la loi et acquisition de la résidence principale. Il répond donc moins bien à l’objectif de disponibilité immédiate.

La déduction fiscale atteint 10 % des revenus professionnels dans la limite du plafond personnel, avec un plancher de 4 637 €. Elle présente surtout un intérêt pour un contribuable encore en activité soumis à une tranche marginale de 30 %, 41 % ou 45 %, avec une tranche attendue plus basse à la sortie. Pour une personne déjà imposée à 0 % ou 11 %, bloquer une épargne disponible uniquement pour obtenir la déduction offre rarement un avantage suffisant.

Les règles de sortie, de fiscalité et de transmission sont détaillées dans le dossier consacré au plan d’épargne retraite. D’autres allocations adaptées au passage à la retraite figurent dans la rubrique placements selon votre situation.

Les vérifications à effectuer avant de répartir votre capital

  • Conservez au moins deux années de dépenses prévues sur des supports disponibles.
  • Séparez le capital destiné aux retraits du capital destiné aux bénéficiaires.
  • Effectuez les versements d’assurance vie destinés à la transmission avant 70 ans.
  • Contrôlez les frais sur versement, de gestion, d’arbitrage et de sortie.
  • Ne financez jamais une dépense datée par une poche d’actions.
  • Réexaminez l’allocation une fois par an et après le départ à la retraite.

Information générale, et non conseil en investissement personnalisé.

Margaux Delcourt
Margaux Delcourt

Douze ans derrière un bureau de conseillère patrimoniale dans une banque régionale, à Nantes. Ce qui m'a fait partir : le catalogue maison, qu'il fallait placer avant d'écouter. Depuis 2024 j'écris ici avec les…

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