Placer 10 000 € à 1,70 % pendant 5 ans produit 879,40 € d’intérêts si le taux reste inchangé, soit un capital final de 10 879,40 €. Pour investir pour ses enfants, le rendement ne suffit pourtant pas à trancher : leur âge, la date d’utilisation de l’argent, le risque accepté et la propriété des fonds déterminent le bon placement.
Quel placement choisir pour investir pour ses enfants ?
Le premier arbitrage porte sur l’horizon. Une somme destinée au permis de conduire dans trois ans ne se place pas comme un capital prévu pour l’entrée dans la vie active dans quinze ans. Le second concerne la propriété : l’argent versé sur un placement ouvert au nom de l’enfant lui appartient définitivement. À sa majorité, il en prend le contrôle.
Pour une épargne disponible à court terme, le Livret A reste la base. Au-delà de huit ans, l’assurance vie et les supports investis sur les marchés financiers offrent davantage de possibilités, avec un risque de perte en capital. La répartition doit aussi évoluer avec l’âge, comme expliqué dans ce guide pour investir selon son âge et son horizon.
| Placement | Âge d’ouverture | Horizon conseillé | Risque | Fiscalité principale |
|---|---|---|---|---|
| Livret A | Dès la naissance | 0 à 5 ans | Aucun risque en capital | Intérêts exonérés |
| Livret jeune | De 12 à 25 ans | 0 à 5 ans | Aucun risque en capital | Intérêts exonérés |
| Assurance vie au nom de l’enfant | Dès la naissance | 8 ans et plus | Variable selon les supports | Imposition lors d’un retrait |
| Compte-titres ordinaire | Dès la naissance | 10 ans et plus | Perte en capital possible | Flat tax de 30 % par défaut |
| PEA jeune | De 18 à 25 ans sous conditions | 5 ans et plus | Perte en capital possible | Exonération d’impôt sur le revenu après 5 ans |
Le placement au nom de l’enfant n’est pas une simple enveloppe familiale : les fonds deviennent son patrimoine. Les parents les administrent pendant sa minorité, mais ne peuvent pas les reprendre pour financer leurs propres dépenses.

1. Le Livret A sécurise l’argent nécessaire dans moins de cinq ans
Un Livret A peut être ouvert dès la naissance. Son plafond de versements est fixé à 22 950 €, hors intérêts capitalisés. À compter du 1er août 2026, son taux est de 1,70 %. Les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Ce placement convient à l’épargne de précaution de l’enfant et aux dépenses proches : ordinateur, études, permis ou installation. Le capital reste disponible et garanti. En revanche, le plafond limite son rôle pour constituer un patrimoine sur quinze ou vingt ans. Une fois la réserve de sécurité formée, les nouveaux versements peuvent être orientés vers une enveloppe de long terme.
Cas chiffré : placer 10 000 € pendant cinq ans
Vous déposez 10 000 € sur un Livret A et retenez, pour le calcul, un taux constant de 1,70 % pendant cinq ans. Avec des intérêts capitalisés chaque année, le calcul est le suivant : 10 000 × 1,0175. Le capital atteint 10 879,40 €, soit 879,40 € d’intérêts nets de fiscalité. Le taux du Livret A étant révisable, ce résultat est une simulation et non un montant garanti sur cinq ans. Vous pouvez tester d’autres durées avec le simulateur de placement.
Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs.
2. Le Livret jeune complète l’épargne sécurisée à partir de 12 ans
Le Livret jeune est réservé aux personnes âgées de 12 à 25 ans résidant en France. Son plafond est de 1 600 €, hors intérêts. Son taux est de 2,00 % au 1er août 2026. Les intérêts sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux.
Investir selon sa situationInvestir à 20 ans : 5 étapes pour bâtir son capital avec un petit budgetSa faible capacité impose une règle simple : remplissez-le avant d’ajouter une nouvelle somme au Livret A lorsque son taux est supérieur. À partir de 18 ans, le titulaire effectue seul ses retraits. Avant cet âge, les règles de retrait évoluent selon qu’il a moins de 16 ans ou entre 16 et 18 ans, avec l’intervention possible du représentant légal.
Le Livret jeune doit être clôturé au plus tard le 31 décembre de l’année du 25e anniversaire. Le solde peut alors rejoindre un Livret A, un PEA ou une assurance vie, en fonction de la date prévue d’utilisation.

3. L’assurance vie au nom de l’enfant prépare un projet à huit…
Les parents peuvent ouvrir une assurance vie au nom d’un enfant mineur. Les représentants légaux signent le contrat et choisissent la répartition. L’épargne peut être placée sur un support à capital garanti ou sur des unités de compte exposées aux obligations, aux actions ou à l’immobilier. Les unités de compte comportent un risque de perte en capital.
L’intérêt principal réside dans la souplesse. Pour un enfant de trois ans, un horizon de quinze ans autorise une part d’actifs risqués plus élevée, puis une sécurisation progressive à l’approche des études. Les frais doivent rester sous surveillance : frais sur versement, frais annuels du contrat et frais propres aux supports réduisent directement le capital accumulé.
La fiscalité de l’assurance vie s’applique uniquement lors d’un retrait
Sans rachat, les gains ne sont pas imposés. Lors d’un retrait, seule la fraction correspondant aux gains entre dans l’assiette fiscale. Avant huit ans, le prélèvement forfaitaire unique atteint en principe 30 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.
Après huit ans, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Au-delà, le taux d’impôt est de 7,5 % pour la fraction relevant du seuil de 150 000 € de primes, auquel s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour un enfant mineur rattaché au foyer fiscal, l’imposition du rachat est intégrée à la déclaration du foyer.
Une assurance vie ouverte au nom de l’enfant ne transmet pas un capital au décès du parent : l’enfant en est déjà propriétaire. Les règles successorales de l’assurance vie concernent les contrats appartenant au défunt. Pour ces contrats, les versements effectués avant 70 ans relèvent notamment d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Après 70 ans, l’abattement est de 30 500 € au total sur les primes concernées.

4. Le compte-titres ordinaire vise le long terme sans plafond de versement
Un compte-titres peut être ouvert au nom d’un mineur par ses représentants légaux. Il n’existe aucun plafond de versement. Il donne accès à un choix étendu d’actions, d’obligations et de supports indiciels diversifiés. Pour un horizon supérieur à dix ans, des versements réguliers sur un support largement diversifié limitent le risque lié au choix d’une seule entreprise. Ils ne suppriment ni les baisses de marché ni le risque de perte.
Les dividendes et plus-values réalisées sont soumis, par défaut, à la flat tax de 30 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour un mineur rattaché, ces revenus rejoignent la fiscalité du foyer. L’option globale pour le barème progressif concerne l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer ; elle n’est pas choisie opération par opération.
Le compte-titres se justifie lorsque l’horizon est long, que le Livret A est déjà alimenté et que la souplesse prime sur l’avantage fiscal. Il exige une allocation sobre et diversifiée. Les autres arbitrages adaptés aux familles sont regroupés dans la rubrique placements selon votre situation.
5. Le PEA jeune devient pertinent entre 18 et 25 ans
Un mineur ne peut pas ouvrir de PEA. À partir de 18 ans, un jeune majeur rattaché au foyer fiscal de ses parents peut ouvrir un PEA jeune. Son plafond de versements est fixé à 20 000 € pendant le rattachement. Lorsqu’il quitte le foyer fiscal, le plan devient un PEA classique et son plafond passe à 150 000 €, en tenant compte des versements déjà réalisés. Le plafond cumulé d’un PEA et d’un PEA-PME atteint 225 000 €.
Investir selon sa situationInvestir quand on est fonctionnaire : 5 stratégies d’investissement adaptées au salaire stable d’u…Avant cinq ans, un retrait entraîne en principe la clôture du plan et les gains relèvent de la flat tax de 30 %, hors exceptions légales. Après cinq ans, les gains retirés sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux 17,2 % de prélèvements sociaux. Les retraits n’imposent alors plus la clôture du plan et de nouveaux versements restent autorisés dans la limite du plafond.
Le PEA jeune convient à un capital qui ne servira pas au loyer, aux frais d’études ou à un achat prévu dans deux ans. Il vise un horizon d’au moins cinq ans, de préférence plus long. Le PER n’est pas une solution de remplacement pour un mineur : depuis le 1er janvier 2024, aucune nouvelle ouverture n’est autorisée à son nom et les versements sur les anciens plans sont bloqués jusqu’à sa majorité. Les règles applicables aux adultes figurent dans le dossier consacré au plan d’épargne retraite.
La donation fixe la propriété de l’argent et évite une fiscalité inutile
Un versement significatif sur un placement au nom de l’enfant constitue une donation, sauf présent d’usage proportionné au patrimoine et aux revenus du donateur. Une donation doit être déclarée, même lorsqu’aucun droit n’est dû. Chaque parent bénéficie d’un abattement de 100 000 € par enfant, renouvelable tous les 15 ans. Deux parents peuvent donc transmettre 200 000 € à un même enfant sans droits, sous réserve de ne pas avoir consommé ces abattements au cours des quinze années précédentes.
Le don familial de sommes d’argent ajoute 31 865 € par donateur, également renouvelables tous les 15 ans. Cette exonération exige que le donateur ait moins de 80 ans et que le bénéficiaire soit majeur ou émancipé. Elle ne s’applique donc pas à un enfant mineur non émancipé. Pour un enfant majeur, deux parents remplissant les conditions peuvent transmettre 263 730 € sans droits : 200 000 € au titre des abattements classiques et 63 730 € au titre des dons familiaux d’argent.
Une donation de 20 000 € à un enfant mineur entre entièrement dans l’abattement de 100 000 €. Les parents peuvent placer 5 000 € sur le Livret A et 15 000 € sur une assurance vie ou un compte-titres adapté à l’horizon. À 18 ans, l’enfant devient libre de disposer du capital. Pour encadrer une somme élevée, un pacte adjoint à la donation peut préciser l’administration des fonds, leur affectation et une clause temporaire d’indisponibilité fondée sur un motif sérieux.
Une répartition concrète selon l’âge de l’enfant
- Avant 12 ans : conservez l’équivalent des dépenses prévues dans les cinq ans sur un Livret A. Placez le surplus destiné à la majorité sur une assurance vie ou un compte-titres diversifié.
- Entre 12 et 17 ans : remplissez d’abord le Livret jeune à hauteur de 1 600 € si son taux dépasse celui du Livret A. Réduisez progressivement le risque sur les sommes nécessaires aux études.
- Entre 18 et 25 ans : gardez l’épargne de court terme sur les livrets. Utilisez le PEA jeune uniquement pour l’argent immobilisable au moins cinq ans.
- En cas de donation élevée : déclarez le don, vérifiez les donations réalisées au cours des quinze dernières années et formalisez les conditions d’emploi avant le versement.
Information générale, non assimilable à un conseil en investissement personnalisé.

