Avec un capital de 150 000 € et un taux de conversion de 4 %, une sortie du PER en rente procure 500 € bruts par mois. Mais il faut attendre 25 ans pour récupérer nominalement l’équivalent du capital confié, hors fiscalité et sans tenir compte de l’érosion monétaire.
Per sortie en rente : comment est calculée la rente viagère d’un PER ?
Lors du départ à la retraite, le gestionnaire transforme le capital du plan d’épargne retraite en revenu périodique. Le calcul repose sur un taux de conversion. Celui-ci intègre votre âge, votre espérance de vie statistique, la table de mortalité utilisée, les frais du contrat et les options choisies.
La formule de base reste simple : capital converti × taux de conversion = rente annuelle brute. Un capital de 150 000 € converti au taux de 4 % donne ainsi 6 000 € par an, soit 500 € bruts par mois. Ce taux n’est ni un rendement garanti ni une performance financière. Il s’agit du coefficient retenu pour répartir le capital sur une durée de vie estimée.
Plus la conversion intervient tard, plus le taux proposé est généralement élevé. À l’inverse, une réversion au conjoint, une annuité garantie ou une rente majorée au début de la retraite réduit le montant initial. Les modalités exactes figurent dans les conditions du plan d’épargne retraite et dans la proposition remise avant la liquidation.
Une rente de 500 € par mois ne signifie pas que le PER produit 4 % par an. Elle correspond à la transformation irréversible d’un capital de 150 000 € en revenu viager, selon les conditions tarifaires du contrat.
Critère n° 1
Le premier calcul consiste à déterminer le point d’équilibre. Vous divisez le capital converti par la rente annuelle brute. Avec 150 000 € et 6 000 € de rente annuelle, le résultat est de 25 ans. Une liquidation à 65 ans conduit donc à un équilibre nominal à 90 ans.
| Durée de versement | Rente brute cumulée | Part du capital initial récupérée |
|---|---|---|
| 10 ans | 60 000 € | 40 % |
| 15 ans | 90 000 € | 60 % |
| 20 ans | 120 000 € | 80 % |
| 25 ans | 150 000 € | 100 % |
| 30 ans | 180 000 € | 120 % |
Ce calcul ne tient pas compte de la fiscalité, de l’inflation ni d’une éventuelle revalorisation de la rente. Il donne toutefois un repère immédiat. Si vous décédez à 80 ans, après 15 années de versement, vous aurez perçu 90 000 € bruts. Sans réversion ni annuités garanties, le solde n’est pas transmis aux héritiers.
Une rente devient plus favorable lorsque vous vivez au-delà du point d’équilibre. Elle protège donc contre le risque de longévité. Le versement continue même après épuisement théorique du capital d’origine. En contrepartie, vous abandonnez la disponibilité du capital et une partie de sa transmissibilité.
Pour viser 1 000 € bruts par mois avec le même taux de conversion de 4 %, il faut 300 000 € : 300 000 € × 4 % = 12 000 € par an. Cette logique permet d’estimer le capital nécessaire pour obtenir 1 000 € par mois, tout en distinguant rente viagère et retraits programmés.
Critère n° 2 : les garanties choisies modifient fortement la rente mensuelle
La rente simple offre le montant initial le plus élevé. Elle s’arrête au décès du titulaire. Elle convient surtout à une personne qui souhaite sécuriser son propre revenu et dont les proches ne dépendent pas du capital restant.
Retraite & épargne salarialePlan d’épargne retraite populaire : faut-il garder ou transférer son PERP ?La rente réversible continue d’être versée, en tout ou partie, à la personne désignée. Une réversion à 60 % signifie qu’une rente de 500 € laisse 300 € par mois au bénéficiaire après le décès du titulaire. Son coût est intégré dès l’origine : le montant initial proposé est inférieur à celui d’une rente sans réversion. L’âge du bénéficiaire entre également dans le calcul.
Les annuités garanties prévoient un nombre minimal d’années de paiement. Avec 15 annuités garanties, un décès après cinq ans entraîne la poursuite des versements au bénéficiaire pendant les dix années restantes. Si le titulaire vit au-delà des 15 ans, la rente continue normalement jusqu’à son décès.
- Rente simple : revenu initial plus élevé, mais aucun capital transmis après le décès.
- Rente réversible : protection du conjoint ou d’un bénéficiaire, contre une rente initiale réduite.
- Annuités garanties : maintien temporaire des paiements en cas de décès précoce.
- Rente par paliers : revenu majoré ou minoré pendant une période prévue au contrat.
- Rente dépendance : augmentation contractuelle du revenu si l’état de dépendance reconnu survient.
Demandez plusieurs simulations établies le même jour, avec le même capital et le même âge de liquidation. Comparez le montant brut, le taux de conversion, les frais appliqués, la revalorisation prévue et les conséquences du décès. Une option protectrice se juge sur son coût mensuel réel, pas uniquement sur son intitulé.
Critère n° 3
La fiscalité constitue souvent le point décisif. Le PER comporte plusieurs compartiments. Les versements volontaires déduits du revenu imposable ne suivent pas le même régime que les versements non déduits ou l’épargne salariale.
Les versements volontaires sont déductibles dans la limite de 10 % des revenus professionnels, avec un plancher de 4 637 €. Cette déduction est surtout efficace pour les contribuables situés dans les tranches marginales de 30 %, 41 % ou 45 %. Les autres tranches sont de 0 % et 11 %. L’économie obtenue à l’entrée doit toujours être rapprochée de l’impôt dû lors de la sortie. Les mécanismes sont détaillés dans le calcul de l’économie d’impôt procurée par le PER.
| Origine de l’épargne | Impôt sur le revenu appliqué à la rente | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Versements volontaires déduits | Régime des pensions et retraites, avec abattement de 10 % dans les limites fiscales applicables au foyer | 17,2 % sur la fraction imposable correspondant à l’âge lors du premier versement |
| Versements volontaires non déduits | Régime des rentes viagères à titre onéreux, uniquement sur la fraction liée à l’âge | 17,2 % sur la fraction imposable |
| Épargne salariale | Régime des rentes viagères à titre onéreux | 17,2 % sur la fraction imposable |
| Cotisations obligatoires | Régime des pensions et retraites | Régime social des pensions, modulé notamment par le revenu fiscal de référence |
Pour une rente viagère à titre onéreux, la fraction taxable est fixée une fois pour toutes selon l’âge atteint lors de l’entrée en jouissance :
| Âge au début de la rente | Fraction imposable | Fraction exonérée d’impôt sur le revenu |
|---|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % | 30 % |
| De 50 à 59 ans | 50 % | 50 % |
| De 60 à 69 ans | 40 % | 60 % |
| À partir de 70 ans | 30 % | 70 % |

Cas chiffré : 150 000 € convertis à 65 ans
Prenons un épargnant âgé de 65 ans. Son PER contient 150 000 €, issus de versements volontaires déduits. Le taux de conversion proposé est de 4 %, sans réversion. La rente atteint 6 000 € bruts par an pendant toute la vie du titulaire.
Au titre de l’impôt sur le revenu, la rente bénéficie de l’abattement de 10 %, sous réserve des limites globales applicables aux pensions du foyer. La base imposable est donc de 5 400 €. Avec une tranche marginale à 30 %, l’impôt supplémentaire théorique atteint 1 620 € : 5 400 € × 30 %.
À 65 ans, la fraction retenue pour les prélèvements sociaux est de 40 %. Leur montant indicatif atteint 413 € : 6 000 € × 40 % × 17,2 %. Après ces deux prélèvements, la rente annuelle ressort à environ 3 967 €, soit 331 € par mois. Ce calcul isole l’effet marginal de la rente. Le montant définitif varie si une partie du revenu reste dans une tranche inférieure ou si les plafonds fiscaux du foyer sont déjà atteints.
Une sortie en capital aurait un autre traitement. Pour les versements volontaires déduits, le capital correspondant aux versements rejoint le revenu imposable sans abattement de 10 %. Les gains relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 30 %, composé de 12,8 % d’impôt et de 17,2 % de prélèvements sociaux. Un capital fractionné sur plusieurs années limite parfois le passage dans une tranche supérieure.
Critère n° 4
La sortie du PER en rente répond à un besoin précis : couvrir chaque mois une partie incompressible des dépenses de retraite. Elle est cohérente lorsque les pensions obligatoires ne suffisent pas à payer le logement, l’énergie, l’alimentation, la complémentaire santé et les assurances.
À l’inverse, la sortie en capital conserve une réserve disponible pour financer des travaux, aider un enfant, régler des frais liés à la dépendance ou absorber une dépense imprévue. Une fois la rente liquidée, le capital converti n’est plus récupérable. La décision est en principe irrévocable.
Retraite & épargne salarialeSortie en capital du PER : 3 stratégies pour alléger la fiscalité à la retraiteLa solution mixte offre souvent un compromis lisible : une fraction du PER est convertie en rente pour sécuriser les charges fixes, tandis que le solde est retiré en capital ou maintenu sur le plan. Cette possibilité concerne les droits issus des versements volontaires et de l’épargne salariale. Les droits provenant de cotisations obligatoires sortent normalement en rente, sauf lorsque la faible rente autorise un versement unique dans les conditions réglementaires.
Avant de choisir, établissez votre budget mensuel après retraite :
- additionnez les dépenses fixes incompressibles ;
- retranchez les pensions de retraite nettes attendues ;
- affectez à la rente uniquement le capital nécessaire pour combler tout ou partie du déficit ;
- conservez une épargne liquide représentant plusieurs mois de dépenses ;
- comparez la rente nette d’impôt avec des retraits programmés sur une durée définie.
Par exemple, si vos charges fixes atteignent 2 200 € par mois et que vos pensions nettes représentent 1 900 €, le déficit structurel est de 300 €. Avec un taux de conversion de 4 %, un capital de 90 000 € fournit 3 600 € bruts par an, soit 300 € bruts par mois. Le solde du PER reste disponible si vous ne convertissez pas l’intégralité du plan.
La rente est donc adaptée à la recherche de stabilité, à une espérance de vie longue et à l’absence de besoin de transmission sur la somme convertie. Le capital reste plus cohérent lorsque la liquidité, les projets familiaux ou la succession priment. D’autres arbitrages liés à la liquidation et aux revenus sont présentés dans la rubrique retraite et préparation des revenus futurs.
Information générale, pas un conseil en investissement personnalisé.



